Mobutu, la CIA et la « ménace communiste »

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Mobutu doit à la CIA et aux services secrets belges son ascension jusqu’à l’accession à la magistrature suprême.

Par ZM Mokemo

Un rapport déclassifié de la CIA intitulée « Zaïre : prospects for the Mobutu Regime(s). Key Judgements » datant de novembre 1986 montre à quel point Washington était prêt à tout pour contrer le communisme en Afrique centrale.

Les services secrets américains craignaient que le Zaïre (RD Congo actuel) ne bascule dans la violence en cas de décès soudain du Maréchal Mobutu.

La prise du pouvoir par des officiers prosoviétiques, quoiqu’envisagée, est cependant considérée comme « peu probable ».

Les noms des officiers prosoviétiques des Forces armées zaïroises ont été répertoriées avec soin mais sont caviardés dans la version rendue accessible au public le 3 février 2011.

Le document donne un bon aperçu des rapports entre Washington et Kinshasa. La diplomatie congolaise était sous tutelle de Washington. On a par exemple la confirmation que c’est le gouvernement américain qui avait expressément demandé à Mobutu de renouer les relations diplomatiques avec Israël.  

On peut également lire dans le document que l’envoi des troupes zaïroises au Tchad face à Kadhafi et en Angola en soutien à Savimbi était une décision motivée par la défense des intérêts américains.

En retour Washington assurait la sécurité de Mobutu et de son régime. Le Colonel Kadhafi était perçu comme la plus grave à laquelle Mobutu devait faire face. Les régimes marxistes chez les voisins directs étaient également vus d’un très mauvais œil du côté de Washington.

Dans le rapport, Mobutu est décrit comme réfractaire à toute compétition démocratique n’ayant pas grand-chose des opposants au régimes isolés et mal organisés.

Puis au détour d’un paragraphe on tombe sur des propos prémonitoires au vu de l’évolution du Zaïre une dizaine d’années plus tard :

« Cependant, le soutien de Mobutu à l’UNITA et l’influence croissante de la Libye le long de la frontière orientale du Zaïre pourraient conduire certains pays voisins à soutenir directement les rebelles anti-Mobutu, améliorant ainsi leur capacité à lancer sporadiquement des attaques transfrontalières à petite échelle. Bien que les capacités militaires du Zaïre se soient considérablement améliorées depuis la fin des années 1970, les forces de l’armée sont toujours confrontées à des problèmes qui limitent leur capacité à répondre aux attaques rebelles, même à petite échelle ».

Sauf que, une dizaine d’années plus tard, les rebelles venus de l’est pour chasser Mobutu furent soutenus par… les services secrets anglo-américains.

 

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