Ces billets de cinq mille francs congolais dont personne ne veut à Kinshasa

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Les billets de 5000 FC sont refusés par les commerçants dans la ville de Kinshasa. Pour les gagne-petit, conclure une transaction avec ces billets relève du parcours du combattant. Et pourtant, selon les agents des différentes banques commerciales, ces billets ont cours légal. Il n’y a pas de raison de les refuser.

 Par ZM Mokemo

Denise n’en peut plus. Voilà une heure qu’elle essaie de faire le marché avec 10 000 FC (équivalent à une peu plus de 5 $ US), ces deux billets de 5000 FC retirés d’un distributeur de billets de la place à Kinshasa sont systématiquement refusés par tous les vendeurs du marché de l’UPN à Ngaliema.

Les raisons invoquées ne sont pas claires. De faux billets de 5000 FC ont circulé à Kinshasa il y a quelques semaines. Depuis la psychose s’est emparée de la population. Le fait que ces billets proviennent d’un distributeur des billets ne suffit pas à rassurer. Pourtant personne ne semble en mesure d’indiquer les caractéristiques de faux billets.

Pour la majorité des Kinois, les billets de 5000 Fc portant  le numéro de série RC sont d’office inutilisables, quel que soit leur origine ou leur état. Dans les banques, les clients refusent systématiquement de les prendre aux guichets.

 Mais avoir un billet ne portant pas le numéro de série RC ne suffit pas. Pour certains, les motifs triangulaires situés le long du bord gauche du billet sont aussi un critère pour détecter les faux billets : les bons billets en auraient 6 et les faux en auraient 4.

Les employés de banque rassurent

Sous  le couvert de l’anonymat une employée de banque de la place nous a certifié que la psychose des clients n’était pas fondée. Il n’y a plus de faux billets de 5000 FC en circulation. Les commerçants ne devraient pas refuser d’utiliser ces billets.

Frank, agent commercial d’une autre banque a quant à lui assuré que les billets des guichets automatiques de son institution sont bons.

On assiste parfois à des situations dramatiques. Jacques s’est vivement emporté contre un chauffeur de taxi qui refusait son billet de 5000 FC alors qu’il voulait payer sa course de 3000 FC. Les noms d’oiseaux ont vite fusé. Jacques avait retiré la veille son salaire de fonctionnaire d’une banque de la place. Ce sont les seuls billets qui étaient disponibles. Depuis il vit un véritable chemin de croix pour faire ses achats. D’après le chauffeur dans les stations d’essence, les pompistes prennent 1000 Fc pour chaque billet de 5000 FC d’où son refus. Dans les bus Transco, la société des transports publics de Kinshasa il n’est pas rare d’assister à des scènes similaires.

La solution venue de l’Orient

Blandine, femme au foyer, semble avoir trouvé la solution : faire ses achats dans les boutiques tenues par les Indo-Pakistanais qui disposent des détecteurs de faux billets. Dans un supermarché bien connu à l’UPN, a-t-elle indiqué, même les billets portant le numéro de série RC sont acceptés, après une rapide vérification.

Cependant, bon nombre de Kinois ne font pas leurs achats dans ces temples de consommation, mais plutôt auprès des vendeurs à la sauvette du quartier ou des alentours des places de marché.

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